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 Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération

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beabab



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MessageSujet: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   Jeu 16 Juil - 1:03




Dans la famille Sollens, je voudrais le père, la mère, les fils et le Saint Esprit*

Djian s’est amusé, et nous avec, à imaginer une série de télé en littérature, avec comme référence ses deux préférés, les Sopranos et Six Feet Under, et de nous conter les relations d’un microcosme famillial.

Il raconte ainsi la vie non ordinaire d’une famille non rangée des voitures, les Sollens, père et fils, vendeurs de grosses voitures.


“Combien de réveillons capotaient sur le nombre ? Combien de ces réunions là se terminaient-elles dans le chaos le plus complet ? (...)
Les Sollens n’avaient rien d’exceptionnel, encore une fois. Ils n’avaient pas la palme de la trahison, du ressentiment, des paroles amères, de la frustration, de la folie, de la douleur, etc..Ils étaient une famille comme une autre, avec sa lumière et sa part d’ombre- et tout ce qui était enfoui, surtout ce qui était enfoui. Absolument rien de nouveau depuis Shakespeare.”


Vous lirez ce lignes si vous arrivez jusqu’au début de la 6ème saison, qui voit les Sollens plongés dans un hiver sibérien, à l’aube du réveillon de Noël, mais si la température est au dessous de zéro, l’effervescence est toujours de mise chez les Sollens, et on ne sait encor’ ce qu'il adviendra de cette fête ultime ?

Les Sollens ont un peu pignon sur rue dans cette grande ville dirigée par des politiciens plus ou moins véreux qui s'opposent à leurs projets d'expansion, ville située on ne sait où, mais traversée d’un fleuve et distinguée par son pont Lafayette à haubans.

Les deux frères quadras, plutôt cavaleurs, pour ne pas dire plus, David et Marc son cadet, se sont affrontés vingt ans plus tôt et ils ont failli laissé leur vies pour les beaux yeux d’une femme, Edith.

Autant dire que leur mère, c’est l’oeil torve qu’elle voit revenir quelques 20 ans après, la toujours belle Edith, accompagnée de sa fille, Sonia.

Le père, Victor, qui s’était toujours plus occupé de réussite mécanique que de sa famille, avait fini par quitter sa femme et la maison familiale.
Mais, aujourd'hui obsédé par une fin qu’il sent proche, il tente un retour parmi les siens.

Ainsi commence la première saison sur ce premier cataclysme d’un double retour amorcé.

Autant vous dire qu’au premier abord, il faut se faire à cette écriture qui saute d’un personnage à l’autre, qui va droit à l’essentiel et ne fait pas toujours dans la finesse.

La saison 1 ne sont que les prémices de cette série, elle plante le décor des déréglements à venir.

Mais très vite, c’est un plaisir de suivre les aventures pleines de rebondissements, dont se moque Djian lui-même, de ses retournements “bigger than life”.




Djian prend ses personnages, un rien stéréotypé, et surtout trempé dans un seul bain, se place du point de vue de chacun , organise des liens dissonnants, et les regarde s’entre-déchirer ou désamorce les cocktails Molotov à portée de plume.

Le rythme est vif, pas le temps de suspendre son vol au dessus du fleuve.

Les p’tites manies de Djian se retrouvent, son goût pour les dérèglements climatiques, les scènes érotiques, et ses considérations politiques sur ce monde comme il va pas, le tout émaillé d'une bande son rock parmi lesquels Lou Reed, Cat Power, Alela Diane.

Si les Sollens fils sont parfois de vrais abrutis, au moins n’écoutent-ils pas de la soupe ?

Ainsi ce maëlstrom formidablement orchestré tient ses promesses, étant si loin et si proche de la réalité, où chacun des personnages semble porteur de sa seule vérité.

Bien sûr, je me suis amusée de ce feuilleton de péripéties familiales version début de 21ème siècle, mais au final, je me dis qu’après tout, les Sollens ne seraient-ils pas une famille à la folie bien ordinaire.

* Pour le Saint Esprit, allez directement à la saison 5.
et pour la littérature selon St Djian
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Fleur d'Hiver

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MessageSujet: Djian   Jeu 16 Juil - 10:39

Je viens de lire "Impardonnables" et j'en suis restée sur le flanc, pour être polie.

C'est un bouquin mal foutu, mal écrit, avec une histoire de fille qui fait semblant de disparaître pour relancer sa carrière, plongeant son père dans le désespoir.

J'ai relevé dans ce bouquin des phrases impérissables, dont une en particulier m'a fait me demander si l'auteur n'avait pas fait écrire certains passages par son neveu de CM2. :"Le soleil dardait ses rayons..."

On dirait le sketch des inconnus sur les chasseurs.



flower
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beabab



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MessageSujet: Re: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   Jeu 16 Juil - 22:46

hou la la pas téquila, je te sens ronchon, Fleur !
remarque si tu as eu l'impression de lire un mauvais livre, je te comprends...

il me semble qu' "Impardonnables" n'avait pas eu trop mauvaise presse à sa sortie, m'enfin !

Mais surtout je me demande si les critiques disaient qu'il n'était pas un peu de la même veine que sa série "Doggy Bag" où Djian ne recule devant aucun rebondissement, d'où l'effet possible du "too much".

Je ne te conseillerai pas Doggy Bag à moins que tu ne sois fanne des séries télés citées.

Pour Djian, ce n'est pas tant la phrase qui définit le style, car des phrases bateaux, en cherchant bien on en trouve même dans "La princesse de Clèves". Non c'est de tenir la note, bon faut -il encor' apprécier sa musique...

Il ya des bouquins de Djian, qui me tombent des mains, toute sa période à la NRF chez Gallimard.

D'autres, j'aime bien, car il ya de la vie et tant pis si le soleil darde ses rayons. sunny

Ce que j'aime surtout dans Doggy Bag, c'est le côté barge de ses personnages, un peu comme dans les films des frères Coen, ils ne sont pas des héros très propres sur eux, pas seulement investis de belles qualités humaines,et prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

je te dirais si je lis un jour "Impardonnables" mais là je vais faire une pause "Djian", me perdre dans d'autres histoires.
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Fleur d'Hiver

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MessageSujet: Re: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   Sam 18 Juil - 10:48

Sans doute as-tu raison, Béa, j'était peut-être mal lunée, je ne sais pas.

J'avais justement lu et entendu ici et là, sauf au Masque, de bonnes critiques, et c'est sans doute pourquoi j'ai été autant déçue par ce livre.

J'ai beaucoup aimé Djian, à ses débuts, j'ai détesté toute une période et je pensais qui avait renoué avec sa "bonne manière".
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beabab



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MessageSujet: Re: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   Sam 18 Juil - 14:19

Fleur d'Hiver a écrit:
Sans doute as-tu raison, Béa, j'était peut-être mal lunée, je ne sais pas.

Personne n'a ni tort, ni raison, mais ton billet d'humeur faisait tant ressortir ta déception à la hauteur de tes attentes surement... et m'a beaucoup fait rire.

J'ai cherché tout de même une phrase impérissable dans "la Princesse de Clèves", je n'en ai pas trouvé, hé !


Fleur d'Hiver a écrit:

J'avais justement lu et entendu ici et là, sauf au Masque, de bonnes critiques, et c'est sans doute pourquoi j'ai été autant déçue par ce livre.

Oui, le Masque, je les écoute pas souvent pour savoir quels sont les goûts et ce qui pourrait me plaire en fonction de leurs critiques. A Télérama, je sais que je peux me fier aux critiques de Pierre Murat, les autres c'est moins sûr.

Fleur d'Hiver a écrit:
J'ai beaucoup aimé Djian, à ses débuts, j'ai détesté toute une période et je pensais qui avait renoué avec sa "bonne manière".

Je trouve pour ma part qu'il s'est renouvelé, il a élargi le cadre, nombre de ces premiers romans étaient centrés sur le personnage d'un écrivain...

Mais ce n'est pas tant le métier de ses personnages, les frères Sollens sont des vendeurs de voiture, que son regard lucide et désabusé qui s'est élargi sur la société...

J'aime bien sa vision acéré de nos p'tits comportements humains...Après il manque parfois peut-être un peu de profondeur dans ses personnages et de réalisme parfois dans ses histoires, mais il ya du souffle. Et ce n'est pas le cas de tous les romans..

Je me rappelle de Djian lors d'une interview. Il a travaillé dans l'édition ou alors peut-être lorsqu'il était déjà édité, il lisait des "premiers romans" envoyés aux maisons d'éditions", et il disait que la plupart de ses écrits, les trois quarts commencaient en parlant de la pluie et du beau temps, et étaient dès le départ d'un ennnui..

Enfin nombre de livres édités sont aussi d'un ennui...
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Fleur d'Hiver

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MessageSujet: Re: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   Dim 19 Juil - 16:12

Aucun rapport, vraiment aved Djian.

Je viens de terminer "Le baiser d'Isabelle" de Noëlle Chatelet. C'est l'histoire de cette femme (Isabelle) abominablement défigurée par son chien et à qui on a greffé le visage d'une autre femme.

Le livre est "à deux voix", Noëlle Chatelet qui explique, raconte, et Isabelle qui intervient en intercalant des pages du journal qu'elle a tenu au cours de cette épreuve.

Ce n'est ni racoleur, ni pleurnichard, c'est digne et absolument bouleversant. Tout est abordé, le travail des chirurgiens et de toute l'équipe, les réactions parfois imbéciles des gens qu'Isabelle a dû supporter, le sacrifice de la famille qui a permis la greffe. Ce n'est pas un épisode d'Urgence, c'est très fouillé psychologiquement, il y a beaucoup de respect et d'amour de la part de Noëlle Chatelet envers Isabelle qui est une femme très attachante.

Il ne faut pas avoir peur malgré tout de certains passages très précis qui peuvent sembler effrayants, mais le récit de la "renaissance" d'Isabelle est quelque chose qui reste dans le coeur.
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MessageSujet: Re: Doggy Bag, de la littérature à consommer sans modération   

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