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 Faut-il penser la pauvreté ?

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doudourou

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MessageSujet: Re: Faut-il penser la pauvreté ?   Ven 9 Jan - 21:52

edgar a écrit:
Bon je reprends, c'était peut-être un peu sec:

1/ N'y a-t-il pas un risque à considérer la pauvreté "en soi", en tant que catégorie intellectuelle séparée de la réalité, c'est à dire d'en faire une Idée? Une pauvreté "pure" en quelque sorte, et de là à arriver à la trouver "belle", "noble", etc., il peut n'y avoir qu'un pas...

2/ Ce qui précède pose aussi en fait la question du rapport de chacun-e à la réalité (car qui dit pauvreté dit lutter contre, non?), donc entre autres la question du mode d'organisation (car tout seul on est un peu limité), de la politique que l'on veut faire (comment, pourquoi).

3/ Ce qui fait qu'en fin de compte on en revient (je t'avais dit Tivi sur le blog des Lentilles qu'on y reviendrait forcément) à la question philosophique qu'on peut dire de base: celle du rapport de la pensée à l'être. C'est pas évident, c'est un peu l'histoire de l'oeuf et la poule, et pourtant à cette question il est toujours répondu d'une manière ou d'une autre, qu'on le veuille ou non, qu'on le sache ou non...

Voilà, c'était pour tenter un résumage, à partir de là vu les croyances des uns (et les convictions des autres)...

Ben ce serait intéressant que Tivi réponde un peu sur tout ça.

Le concept de pauvreté, j'avoue que je ne sais pas trop,
ça échappe un peu de partout.

Quand à Delarue...
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Tivi

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MessageSujet: Re: Faut-il penser la pauvreté ?   Ven 16 Jan - 0:54

edgar a écrit:
Bon je reprends, c'était peut-être un peu sec:

1/ N'y a-t-il pas un risque à considérer la pauvreté "en soi", en tant que catégorie intellectuelle séparée de la réalité, c'est à dire d'en faire une Idée? Une pauvreté "pure" en quelque sorte, et de là à arriver à la trouver "belle", "noble", etc., il peut n'y avoir qu'un pas...


Argh, excusez-moi tous, mais des contingences multiples que j'expliquerai peut-être plus tard, ailleurs...m'ont un peu éloigné de vous, comme de la pratique assidue des blogs (seul Doudourou m'a tiré de cette méchante torpeur en me faisait écrire des textes de jazz et en me rappelant à ceux que j'aime en premier lieu)

Bouh, cette question là que tu poses est essentielle Ed. C'est comme ça que je me la pose aussi. Ce texte de Vollmann a suscité des réflexions immédiates opposant la pensée à l'action. C'est à mon avis un peu fort comme propos, étant entendu que la pensée est à la base de tout. Mais en effet, en pensant la pauvreté, c'est à dire, pour commencer, en la définissant en tant qu'état, puis en en décrivant les stigmates, les signes extérieurs (multiples) tels que l'analphabétisme, l'invisibilité, la difformité, l'exclusion...etc ; on en fait un concept. Et un concept, aussi complexe qu'il soit a tendance à passer à coté du particulier.

Je ne crois pas Ed, qu'en pratiquant ainsi, on passe à coté de la réalité. Je pense plutôt que la réalité est inaccessible. Les formes de pauvreté dans leurs exceptions sont tellement diverses. Elles vont prendre en compte le pays dans lequel on se trouve, la culture de ce pays, son économie, son Histoire... Entre un Sri Lankais qui crève la dalle et un français qui est surendetté, où est le point névralgique, le point de comparaison. Si l'on ne prend en considération que la réalité, on verse dans le relativisme en quelque sorte, et personne n'est jamais pauvre car l'on trouverait toujours "plus pauvre que soi". Penser la pauvreté en tant qu'idée permet de tout considérer en dépit des différences inhérentes à chaque situation. Il n'y a plus "des" pauvretés, mais "la pauvreté".

En revanche, là où tu as raison, c'est qu'à trop s'écarter de la réalité, on risque de la renier (car l'écarter et la renier sont deux choses différentes), ça devient un réflexe, un inconscient dérapage. Vollmann parfois tombe dans ce panneau. Il explique par exemple que certains pauvres sont heureux malgré tout, que même pauvres, ils ne vivent parfois pas dans de grandes villes inhumaines, où ils ne sont rien, mais peuvent écluser leurs journées en compagnie d'humains, vivant comme eux, chichement, au seuil d'un bar à thé, fumant pipes sur pipes et riant aux blagues des uns des autres.

c'est ce que tu dis. Et je crois que je suis en partie d'accord. Mais on est d'accord aussi que l'on peut penser la pauvreté en prenant garde à ne pas se laisser aller à ce genre de caricatures.

Le reste demain.

Je répondrai aussi à Duga, dont le texte est très éclairant...
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Tivi

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MessageSujet: Re: Faut-il penser la pauvreté ?   Ven 16 Jan - 11:27

edgar a écrit:


2/ Ce qui précède pose aussi en fait la question du rapport de chacun-e à la réalité (car qui dit pauvreté dit lutter contre, non?), donc entre autres la question du mode d'organisation (car tout seul on est un peu limité), de la politique que l'on veut faire (comment, pourquoi).

Qui dit pauvreté dit lutter contre, non ?

Ouais, enfin...et si l'étude de la pauvreté par un type lambda le mène à la conclusion qu'il n'y a rien que l'on puisse faire ? C'est ça aussi le souci. L'approche la plus provocatrice, c'est de penser qu'à un certain niveau de pauvreté, revenir en arrière est presque impossible. Il faudrait stopper la marche du temps, ou considérer que les pauvres d'aujourd'hui sont perdus et qu'il faut travailler pour améliorer le sort des autres.

Si l'on part du principe que certains hommes sont incapables de mesure, comment imaginer qu'il n'y ait pas constitution primitive d'élites, constitution répétée, presque inhérente à l'être humain ? De la même façon, cette absence de mesure ne peut-elle conduire à l'inverse, c'est à dire à la volonté nihiliste de dépossession, de dépouillement et d'aliénation.

On constate également que parmi les plus pauvres de notre pays, ceux qui sont complètement exclus, "désocialisés" dit-on, inaptes, on trouve en grande majorité des individus atteints de maladie mentale, de complexe d'aliénation.

Ce que je veux dire, c'est que si l'on considère que la richesse est un effet de la démesure humaine, une toute puissance du désir, ne peut-il pas en être de même pour une partie de la population pauvre (une même démesure, mais inversement proportionnelle). Je sais que tu as grandi en banlieue Ed, et tu en as vu comme moi, tout de même, des gens pour qui on ne peut plus rien. Tu discutes avec eux pour tenter d'envisager des solutions, ils réfutent tout, en bloc. Entre sentiment d'être victime et peur absolue du lendemain, du monde, des autres...

Ce sentiment de peur fait beaucoup, beaucoup de mal, et il est à mon sens, aussi une explication du problème.

Comment, d'un bout à l'autre de la chaine, de la richesse à la pauvreté, imposer à l'homme une attitude de mesure ?
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