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 Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)

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Audine

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Date d'inscription : 30/10/2008
Localisation : Montpellier

MessageSujet: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Ven 2 Jan - 18:17

Après la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail

La loi du 20 août 2008, en reprenant sur ce chapitre l’ensemble des dispositions prévues par les signataires de la position commune, a :
- balayé la notion de représentativité irréfragable
- instauré une obligation de prouver sa représentativité régulièrement
- changé les règles de nomination du délégué syndical
- inventé un autre représentant du personnel : le représentant de la section syndicale
- établi des règles strictes de validité des accords, tant pour leur signature que pour leur dénonciation
et par ailleurs, introduit un renversement du « principe de faveur » pour ce qui concerne les accords relatifs au temps de travail mais j’y reviendrai dans une autre note sur ce dernier sujet.

Donc finie la représentativité irréfragable des 5 grandes centrales syndicales, désormais, un syndicat, quel qu’il soit, devra répondre à 7 critères de représentativité :
- les effectifs et les cotisations
- l’influence (l’activité, l’implantation)
- une ancienneté de 2 ans (à partir du dépôt des statuts)
- l’indépendance politique et par rapport aux employeurs
- la transparence financière (certification de leurs comptes)
- le respect des valeurs républicaines (liberté d’opinion politique, philosophique, religieuse, pas de discrimination notamment)
- l’audience

Certains critères existaient déjà, d’autres ont été ajoutés en entérinant la jurisprudence des tribunaux d’instance (l’influence). Pour ce qui est de la transparence financière, il reste à sortir des décrets et arrêtés afin d’apporter des précisions (sur le seuil financier de déclenchement par exemple), mais d’ores et déjà la loi prévoit que ce critère s’appliquera également aux syndicats patronaux (dont la représentativité est prononcée par le Ministère du Travail).
C’est le critère d’audience qui est nouveau et n’a pas fini de faire couler de l’encre.

La loi prévoit en effet que pour être représentative dans l’entreprise, un syndicat doit recueillir au moins 10 % des suffrages (valablement) exprimés au premier tour des élections professionnelles, c'est-à-dire celles qui mettent en place le comité d’entreprise (50 salariés au moins, tous les 4 ans) ou à défaut, les délégués du personnel (au moins 11 salariés, tous les 4 ans).
Si le syndicat est représentatif, il peut nommer un délégué syndical, mais parmi les candidats à l’élection qui a recueilli sur son nom au moins 10 % des suffrages.
C’est une différence fondamentale avec la situation antérieure, où dès qu’un syndicat était représentatif (ou s’estimait représentatif), il pouvait nommer un délégué syndical qui avait ce mandat à durée indéterminée, s’il n’était pas remis en cause par le tribunal d’instance dans les 15 jours de sa nomination.
Tandis que maintenant, il y a une double étape : que le syndicat recueille 10 % des voix, et que le futur délégué syndical ait recueilli aussi 10 % au moins des voix sur son nom.
Un syndicat qui n’a pas recueilli 10 % des voix ne sera pas représentatif : il ne pourra pas nommer de délégué syndical.
Sans délégué syndical, impossible de signer un accord d’entreprise, le syndicat n’est pas reconnu comme un acteur de la négociation.
En revanche, il peut nommer un « représentant de la section syndicale » : ce nouveau type de représentant du personnel bénéficie des mêmes droits (communication, circulation, etc) que les délégués syndicaux, et est également « protégé ». Son licenciement doit faire l’objet d’une demande d’autorisation spécifique auprès de l’inspecteur du travail.
Ce représentant de la section syndicale perd son mandat aux élections d’après : le but est que le syndicat finisse par se faire reconnaître représentatif, en ayant des élus, et la possibilité de désigner un délégué syndical qui soit un interlocuteur « valable » pour signer des accords.

Je vais illustrer (en schématisant beaucoup !) :
Soit l’entreprise Dupont qui a 150 salariés. Aux élections du comité d’entreprise, Toto et Robert se présentent, au nom de la CGT. Ils se présentent au premier tour des élections, celui qui est réservé aux candidats des organisations syndicales : on dit qu’il y a monopole de présentation au premier tour. Seuls 58 salariés votent « valablement » (cad sans les blancs et les nuls), et mettons que Robert n’ait eu que 4 voix parce que personne ne l’aime, Toto ayant eu donc 58 voix.
Premier constat : le quorum n’est pas atteint, donc pour constituer le comité d’entreprise, il faut organiser un second tour, cette fois ci ouvert à l’ensemble des candidats, pas seulement les candidatures d’émanation syndicale.
Deuxième constat : le syndicat CGT est il représentatif ? Oui ! Car, il a recueilli 10 % des suffrages exprimés. Nombre de suffrages exprimés : 58. Nombre de suffrages exprimés en faveur de la CGT : 58. La CGT a recueilli 100 % des suffrages exprimés puisque … il était le seul syndicat à se présenter au premier tour, réservé aux candidats des syndicats. Dans un second exemple, nous verrons que le verrou de 10 % des suffrages exprimés joue à plein lorsque plusieurs syndicats présentent des candidats.
Troisième constat : la CGT peut elle nommer un délégué syndical ? Oui ! Elle peut nommer Toto, mais pas Robert. Robert n’a eu que 4 voix sur son nom, ce qui fait moins de 10 % de 58, donc ça sera Toto qui sera le délégué syndical.
Il n’y aura pas de représentant de la section syndicale puisque c’est réservé aux syndicats non représentatifs : c’est on peut nommer un DS et pas de RSS, ou on ne peut pas car pas représentatif, et on peut nommer un RSS.

Conclusion suite à cet exemple : on peut voir que les verrous de 10 % pour déterminer la représentativité syndicale est inopérant dans tous les cas où il n’y a qu’un seul syndicat qui se présente au premier tour des élections professionnelles.Beaucoup de craintes avaient été exprimées à propos de ces dispositions, en disant : ça va éliminer les petits syndicats. Mais on voit qu’à l’inverse, tout au moins dans les entreprises où un syndicat s’implante alors qu’il est le seul présent, cela va considérablement favoriser l’implantation du syndicat.
On peut aussi objecter qu’alors, un syndicat « maison » peut tout aussi facilement s’implanter.
Mais n’oublions pas les autres critères : si pour l’instant nous nous occupons du critère de l’audience, il ne faut pas négliger les 6 autres critères.
Avec les critères de l’influence, de l’ancienneté, mais surtout de l’indépendance, un syndicat jaune ne peut se « monter » juste avant les élections, afin de recueillir des voix lui permettant de désigner « son » délégué syndical qui irait ensuite signer n’importe quel accord.
Imaginons que chez Dupont, Toto se présente seul au premier tour, syndiqué au syndicat Jaune. Il ne recueille que 2 voix, soit … 100 % des suffrages (valablement) exprimés. Sa voix et celle de son pote Robert, mettons.
En logique mathématique, comme il a recueilli plus de 10 % des suffrages exprimés, Jaune est représentatif, et tout content, il nomme Toto délégué syndical, parce que Toto veut signer avec le boss un accord sur l’aménagement du temps de travail et sur l’instauration d’une prime de rendement.
Le patron est content aussi. Mais Mauvaise Coucheuse va devant le Tribunal d’Instance et va soulever devant le juge que Jaune, même s’il existe depuis 2 ans, n’a pas d’activité, reçoit une subvention du boss, et puis, a recueilli certes 100 % des suffrages mais en fait, 2 voix.
Evidemment que le juge va annuler la désignation et nier à Jaune la représentativité.
Jaune pourra avoir un RSS, en attendant les prochaines élections. Mais ce RSS ne pourra signer aucun accord.

Voyons maintenant le cas d’une entreprise qui a tout plein de syndicats présentant des candidats aux élections professionnelles.
Prenons les résultats aux dernières élections à la RATP.
Ces chiffres sont tirés de l’article (excellent) « Séisme sur l’échiquier syndical » de Liaisons Sociales Magazine de décembre 2008.
CGT 37 %
Unsa 21 %
CFDT 9,7 %
Indépendants 8,7 %
FO 8,7 %
SUD 6,7 %
CGC 5,5 %
CFTC 2,3 %

Qu’apparaît-il sous nos yeux ébahis ?
Que si les élections avaient lieu avec ces résultats aujourd’hui (cad avec application de la loi du 20 août 2008 qui est applicable le 21 août 2008 d’ailleurs …), seuls la CGT et l’UNSA, qui ont recueilli plus de 10 % des suffrages, sont représentatifs à la RATP et peuvent nommer des délégués syndicaux sur les sites !!
Il faut un peu considérer à part la CGC car pour un syndicat catégoriel, (ici les cadres) on juge de la représentativité sur le collège où il se présente (collège cadre).
Deux syndicats représentatifs à la RATP au lieu de 8, ça laisse rêveur non ?

Dans un 3e et dernier article, je vous expliquerai comment la représentativité va se calculer aux niveaux autres que l’entreprise, et également, ce qui change dans les règles de signature des accords, tout en vous précisant comment ça va se passer dans la phase dite de transition.
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doudourou

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Jeu 15 Jan - 1:04

Pffiou,
même avec les exemples de robert et de toto,
- là j'ai pigé! -
c'est sacrément complexe tout cela.

Les effets attendus semblent donné des résultats inverses...

Mais tout va peut-être s'éclairer avec le 3ème texte...
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Bannister

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Dim 22 Mar - 19:05

Les organisations syndicales issues sont en effet engagées pour la plupart dans le voie du réformisme, à savoir dans celle où le syndicat n'est plus un outil aux service des luttes, mais l'inverse, un moyen de cogestion et d'accompagnement des contre-réformes gouvernementales visant à liquider deux siècles d'acquis ouvriers.

Un seul exemple: l'appel à poursuivre la mobilisation historique du 29 mars.....le 1er mai. Autant n'autoriser la consommation de chocolat le jour de Pâques.

La liquidation du droit du travail, le découpage insensé du code du travail et la destruction du code général de droit qui en découle, le remise en cause du statut général des fonctionnaires, celle aussi des conventions collectives et des statuts particuliers contribuent à briser la résistance populaire en lui retirant ses prérogatives et ses droits les plus élémentaires.

Ainsi revient-on, entre-autre, sur les acquis de haute lutte du CNR de 1945, concédés par un patronat qui avait tellement collaboré avec les nazis qu'il a été tenu de concéder la création de la sécurité sociale, des régimes de retraite par répartition, etc....

Ainsi le gouvernement populiste ultra-réactionnaire de Monsieur Sarkozy a-t-il pour tâche essentielle de mettre en œuvre l'orientation du MEDEF. La compromission et la trahison des directions syndicales confédérales et fédérales, dirigées par des éléments contre-révolutionnaires, rend possible les contre-réformes gouvernementales. Jusqu'à un certain point: le front de classe unitaire à la Guadeloupe et à la Martinique semblant rompre avec le consensus morbide en vigueur.

Enfin, la loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail vise avant tout à placer les syndicats sous tutelle de l'État en remettant en cause leur indépendance financière et structurelle héritée historiquement de la Charte d'Amiens. le rêve du MEDEF: un syndicalisme sous contrôle du gouvernement, parfaitement aliéné au patronat, aussi corporatiste que sous le régime de Vichy, aussi "vertical" que sous Pinochet.

L'avenir est sombre, d'où la nécessité de nous organiser sur des bases démocratiques et indépendantes.
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Audine

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Mar 24 Mar - 17:03

édité par l'auteur du post.


Dernière édition par Audine le Jeu 26 Mar - 21:09, édité 1 fois
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doudourou

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Jeu 26 Mar - 3:15

Audine a écrit:
Le tissu d'affirmations non étayées (le découpage insensé du code du travail, la remise en cause ... des conventions collectives, placer les syndicats sous tutelle de l'Etat ...) et, plus grave, les contresens (regrettables vus les longs développements qui précèdent ...) à propos du droit du travail font du billet de Bannister un bien mauvais tract ...


Faudrait apprendre à ne pas répéter bêtement la messe et lire un peu plus le code du travail.

Merci Audine pour ton art de l'accueil.

C'est ce genre de petit détails qui font que la Fabrique à Brac est une ruche fourmillante et créative.

Et je t'en remercie.

Il se trouve que je connais un peu bien Bannister qui anime un beau forum sur le jazz, mais pas que, Voices.

Il se trouve que je sais aussi qu'il ne dit pas tout à fait n'importe quoi concernant la politique et le monde du travail,
mais sur des positions rappelant celle d'Edgar, par exemple.

Je comprend que ce commentaire n'aille pas dans le sens que tu attendais,
mais il n'est pas non plus un rabâchage de "la messe".

Il y a le droit du travail; c'est une chose,
et il y a la pratique,
et plus encore la politique, au sens large,
au sein laquelle les syndicats se positionnent,
pour pouvoir vivre, c'est à dire croûter,
pour aussi "persévérer dans leur être",
croître dans le meilleur des cas,
ne pas disparaître, dans le moins bon.

CE qui les pousse vers des stratégies qui n'ont rien à voir avec le droit du travail.

Et il faut bien reconnaitre que le rôle des syndicats est bien souvent de signer des compromis sur des reculades du droit du travail,
après un jeu subtil de protestation d'un côté,
lachâge de lest d'un autre.

Pour aboutir, finalement, à un pas dans la direction gouvernemental,
pas qui semble mesuré,
parce que le gouvernement avec monté les enchères très haut.

Final de compte, on a un monde du travail dont les droits est en constante chute libre,
même si le droit du travail spécifie peut-être autre chose.

Mais l'inspection du travail manque de bras.
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herbertlecanard

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Sam 28 Mar - 15:44

Salut les biloutes.
je lis avec intérêts vos posts, bien que je ne comprenne pas tout.
Je vais faire dériver le sujet. Je songe toujours à me syndiquer,
mais à force d'hésiter entre le supérieur et le secondaire, j'ai toujours rien fait
(meme si maintenant, je suis plutôt vers le secondaire).

Audine, toi qui a l'air d'être dans le bain.. qu'est ce que tu sais des syndicats de l'education nationale ?
Ca a l'air de bouger pas mal en ce moment,
avec des histoires de comissions paritaires non respectée.
J'essaie de comprendre, mais ce n'est pas facile.

Du côté du droit du travail... je me suis renseignée, vu que je vais être affectée.
On m'a conseillé de me syndiquer pour avoir un recours si mon affectation ne colle pas du tout avec les voeux emis. Sans syndicat, il parait que personne ne se soucierait de savoir si oui, ou non, cette affectation est conforme (en gros, je devrais me syndiquer pour être sure que mes droits soient respectés, seule, je ne vaux pas grand chose). Autre point, on me dit de prendre le syndicat le plus représenté (argument qui me laisse perplexe).
Le truc, c'est que politiquement parlant, j'opterais pour un syndicat qui me semble plus prendre le problème à la base (c'est à dire arrêter de sauver les gens syndiqués individuellement et qui accepte par ailleurs un système assez contestable par certains aspects).
Gros débat idéologique interne entre mon instinct de survie (syndicat puissant qui m'aiderait individuellement) et des convictions plus réelles.
J'ai l'impression qu'en me syndiquant, je réduis les chances d'avoir un poste de remplacement sur 4 établissements (classés sensibles !), dans un région 50 km de diamètre (là, c'est pas une blague, j'ai le barême minimum, donc, je ne peux m'attendre à grand chose). Mais si c'est pour qu'ils foutent quelqu'un d'autre à la place, ce n'est pas vraiment une solution qui me convienne.

Il y a eu pas mal de modifications dans le fontionnement des affectations dernièrement (les zones de remplacements sont maintenant des demi-département, et quand le département est grand, c'est flippant).
Et pire encore, j'ai rencontré le personnel des affectations. Leur système est complètement obscur puisque "complètement informatisé" selon un système de "paramètres multivariés". Quand j'ai demandé des précisions, on m'a dit qu'un cerveau humain ne peut pas comprendre.
Par ailleurs, ils ne se soulent pas pour leurs documents officiels, j'ai relevé une trentaine de sigles sans explication (en gros, si tu n'as pas google, c'est du chinois).

(pour moi le secondaire ne suit pas assez le mouvement initié dans les facs, alors que sur de nombreux points, ils sont tout autant consernés. Qu'est-ce qu'ils foutent ? En est-on à un point ou chacun se soucie juste de ne pas mal tomber sans regarder ce qui se passe à côté ?)

J'ecris surement des conneries, je suis novice... Eclairez moi.

Quelle est la place des syndicats dans la fonction publique ?
Quelle est la position personnelle du personnel administratif qui applique des directives complètement débiles ?
Quelles sont vos motivations en tant que syndiqué ?
Le syndicat public, c'est juste défendre ses adhérents ?

J'ai commencé à leur écrire, sans réponse pour l'instant.
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beabab



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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Sam 28 Mar - 19:04

herbertlecanard a écrit:
Salut les biloutes.
je lis avec intérêts vos posts, bien que je ne comprenne pas tout..

moi non plus, je comprends pas tout même à l'intérieur de ma propre administration.

herbertlecanard a écrit:
Je vais faire dériver le sujet. Je songe toujours à me syndiquer,

Audine, toi qui a l'air d'être dans le bain.. qu'est ce que tu sais des syndicats de l'education nationale ?
Ca a l'air de bouger pas mal en ce moment,
avec des histoires de comissions paritaires non respectée.
J'essaie de comprendre, mais ce n'est pas facile..

Je ne sais pas comment ça fonctionne dans l'Education Nationale, mais je crois te dire sans trop me tromper que tu as intéret à te syndiquer si tu veux être représentée et que ton dossier soit réellement examinée en commission.

herbertlecanard a écrit:
Du côté du droit du travail... je me suis renseignée, vu que je vais être affectée.
On m'a conseillé de me syndiquer pour avoir un recours si mon affectation ne colle pas du tout avec les voeux emis. Sans syndicat, il parait que personne ne se soucierait de savoir si oui, ou non, cette affectation est conforme (en gros, je devrais me syndiquer pour être sure que mes droits soient respectés, seule, je ne vaux pas grand chose). Autre point, on me dit de prendre le syndicat le plus représenté (argument qui me laisse perplexe).

c'est tout à fait vrai.
Si tu ne te syndiques pas ton dossier sera examiné après les autres, on ne prendra en compte aucun des éléments de ta situation familiale, personnelle, géographique qui ferait que tu veuilles etre affecté plutôt ici que là.

Dans l'administration, les syndicat sont tes représentants dans les commissions, si tu n'es pas syndiquée, personne pour te représenter...
ça ne veut pas dire qu'en étant syndiqué, on obtient ce qu'on veut, mais ça veut dire qu'on examine ton dossier compte tenu de ta situation.

Quand je suis rentré dans l'administration des impots, j'habitais en région stéphanoise, et tous les postes étaient à Paris et banlieue parisienne.
J'ai eu une courte formation sur Lyon avant de rejoindre mon affectation de banlieue parisienne.

J'avais dans mon groupe de formation, des gens mariés, chargés de famille, qui entrant dans l'administration comme moi, ne connaissaient pas le système.
Ils ne sont pas syndiqués tout de suite et ont fait leur demande de mutation, espérant qu'ils obtiendraient un poste en région lyonnaise.

Au final, ils sont tous partis en région parisienne devant laisser conjoint et enfant pour regagner leurs postes ; et un gars célibataire sans charge de famille est resté en région lyonnaise juste parce que lui, s'était syndiqué, et avait vu son dossier défendu.

Je peux te dire que mes collègues d'alors l'avait eu mauvaise et ont dû bataillé ensuite pour obtenir leur mutation en province.
Une de mes collègue, qui avait alors un jeune enfant de moins de 2 ans, a failli même renoncer au concours au bout de 2 années d'AR Lyon- Seine Saint Denis, de nuits d'hôtel, et d'éloignement de son mari et ses enfants.

Bref après on envie les fonctionnaires ;-)

donc un seul conseil : SYNDIQUE TOI


herbertlecanard a écrit:
Le truc, c'est que politiquement parlant, j'opterais pour un syndicat qui me semble plus prendre le problème à la base (c'est à dire arrêter de sauver les gens syndiqués individuellement et qui accepte par ailleurs un système assez contestable par certains aspects).
Gros débat idéologique interne entre mon instinct de survie (syndicat puissant qui m'aiderait individuellement) et des convictions plus réelles.
J'ai l'impression qu'en me syndiquant, je réduis les chances d'avoir un poste de remplacement sur 4 établissements (classés sensibles !), dans un région 50 km de diamètre (là, c'est pas une blague, j'ai le barême minimum, donc, je ne peux m'attendre à grand chose). Mais si c'est pour qu'ils foutent quelqu'un d'autre à la place, ce n'est pas vraiment une solution qui me convienne.

c'est bien , tu as encor' des convictions !
je me dis que je faiblis et je les perds une à une....j'ai perdu la Foi contre chanterait Ophélie.

10 ans dans la vie adminsitrative m'ont donné l'impression que c'est difficile de lutter contre les rouleaux compresseurs de la Réforme. un combat à la Don Quichotte.
Peu importe le syndicat, entrer dans un syndicat, ce n'est pas une religion non plus.

Chez nous, ils ont augmenté fortement les salaires des cadres supérieurs qui commencaient à revendiquer avec la fusion des deux administations financières (Trésor et Impôts) pour casser le mouvement de grève...
Les taux de grève dans la hiérarchie qui avait atteint des niveaux historiques ont brutalement baissé lors de la dernière grève du 19 mars suite aux augmentations de primes promises.

Du coup, tout le monde se regarde et pas vraiment de réaction, plutôt de la résignation.
Beaucoup pensent qu'ils arriveront à tirer leur épingle du jeu..alors que ce qui est prévu, c'est un profond remaniement du statut de la fonction publique à tous les niveaux avec rentabilité à tous les étages et objectif statistisque pas forcément compatible avec les missions du service public !

herbertlecanard a écrit:

Quelle est la place des syndicats dans la fonction publique ?
Quelle est la position personnelle du personnel administratif qui applique des directives complètement débiles ?
Quelles sont vos motivations en tant que syndiqué ?
Le syndicat public, c'est juste défendre ses adhérents ?

J'ai commencé à leur écrire, sans réponse pour l'instant.

tu leur a écris quoi ? tes interogations politiques sur la place des syndicats et leur rôle ?
m'étonne pas qui t'ai pas répondu...

Les personnes des RH appliquent les directives.
En tant que fonctionnaire , tu peux pas vraiment faire autrement (devoir d'obéissance).

Les syndicats défendent aussi les conditions et l'organisation du travail, mais perso chez nous, le dialogue est complètement bloqué, et les commissions boycottées par les syndicats puisqu'ils ne peuvent rien discuter et seulement entériner les réformes ou modéles d'organisation proposées d'avance. Je parle là de mon ancienne direction.

Au mieux, ils peuvent discuter de la couleur du papier toilette des WC, je caricature un peu mais à peine !

Bref je ne sais pas si je t'ai éclairé un peu mais se syndiquer même dans le plus puissant des syndicats, n'est pas forcément "perdre son âme".

La pensée n'est pas unique dans un syndicat et heureusement !
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Audine

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Jeu 2 Avr - 1:09

Salut Herbie !
Non je ne connais pas du tout les syndicats de l'Educ Nat, mais ce que dit Beabab me semble frappé au coin du bon sens.

Le syndicalisme au sein du ministère du Travail est probablement plus ... épidermique ? qu'au sein d'autres ministères.
J'ai toujours été syndiquée et très souvent militante.
Dès mon entrée dans la Fonction Publique.
Je pense d'ailleurs que tous les salariés devraient avoir le réflexe de se syndiquer.
Sans pour autant militer pour une chapelle plus qu'une autre, c'est souvent affaire de mlitants sur place.
A toi de voir si tu préfères privilégier tes intérêts persos ou une sorte de positionnement collectif.

Doudou : certes, tu as raison quant à "l'accueil" et ma façon de répondre.
Mais je t'assure, ce qui est exposé dans le post de Bannister est non seulement faux (ce que j'ai cité comme non étayé) mais surtout très démobilisateur et ça, c'est très chiant.
Je passe de nouveau beaucoup de temps à militer (du fait de la réforme de la Fonction Publique et d'autres choses qui se passent au ministère du travail) et crois moi, on peut dire, les syndicats ceci cela, mais les syndicats, c'est mon collègue d'à coté qui rouspète parce que c'est quelqu'un d'autre qui a eu une promo et va donc dire "ah ben je vais me syndiquer aussi", c'est Herbie ou d'autres qui posent des questions de consommateurs (qu'est ce qu'on peut attendre du syndicat ?), c'est la copine avec qui j'ai fait une banderole et qui me dit le 19 mars, "ah ben non hein, pas de grève tous les 2 mois, je ne peux pas suivre", c'est les 7 syndicats maintenant présents dans une direction départementale de 110 personnes ... et qui souvent ne représentent personne, ce sont les militants eux -mêmes que l'on propose de former (sur le nouveau code du travail, sur la loi du 20 août, sur la rupture conventionnelle etc), et qui arrivent en retard, partent avant la fin, et ne viennent quasiment pas (pour certains syndicats) etc etc, pendant que d'autres, qui finissent par se demander s'ils ne militent pas par délégation ... pondent des comptes rendus, se retrouvent seuls à intervenir sans soutien des collègues alors qu'ils ne sont pas concernés directement par certaines situations, rédigent des mémoires au TA, ne sont jamais proposés pour les promos etc ...

Alors les Centrales Syndicales trahissent, je veux bien, mais qui ? parce qu'il faut quand même voir l'état lamentable du syndicalisme, l'absence de base, ça ne sont pas les 3 millions dans la rue qui font une base, 3 millions expriment un mécontentement, mais après, quelles mises en oeuvre de quelles revendications, tu en as 99 % qui n'en savent strictement rien ...
Les Centrales ne se permettent des trahisons que parce que ce sont des apparatchiks qui n'ont pas de base.

Ca me gonfle quand je lis des critiques des syndicats qui trahissent, parce que si déjà, on s'occupait de syndiquer les salariés, de les former, d'exercer un esprit critique, de former des rapports de force, d'expliquer comment faire aboutir des luttes, ça serait un minimum, et purée, si tu savais comme c'est dur, long, et ingrat ...
Et je te parle d'un endroit "protégé", de la Fonction Publique d'Etat, là où est un corps de fonctionnaire habitué aux rapports sociaux, alors imagine, pour l'ensemble des salariés, pour Continental, pour Michelin, Carrefour, etc.

J'avais eu déjà une discussion avec Edgar oui, sur la même attitude justement, qui consiste à croire que c'est en noircissant tout, en ne présentant que des critiques, qu'on va mobiliser mieux les gens, alors que je crois que c'est tout l'inverse.

Mais peut être qu'on ne vit pas du tout avec les mêmes gens ?
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herbertlecanard

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Jeu 2 Avr - 11:58

Salut Audine,
j'ai progressé dans mon coin... je vais rencontrer des représentants demain,
et voir avec eux.
Mon nouvelle stratégie : aller dans le gros pour la fin de l'année.
Attendre mon affectation, et puis voir sur place les délégués dans l'établissement.
J'aimerais qu'on soit plusieurs à pouvoir agir dans des mobilisations "locales" (échelle de l'établissement), donc, c'est un peu prématuré de choisir uniquement en fonction de ce que je lis sur les sites...

Bref...
en tout cas, merci pour ton message, moi, ça me redonne un peu la Foi.

Et puis comme toujours, c'est sûrement pas parfait, mais la seule façon crédible que j'aurais de critiquer, c'est de le faire de l'intérieur, en voyant vraiment ce qui s'y passe...
Accessoirement, c'est bon pour le moral, la dame que j'ai eue semble mieux comprendre mes préoccupations (parceque ceux du rectorat sont d'un cynisme à te foutre mal au bide).

J'attends la suite de ta chronique avec impatience.

Pour revenir au sujet de l'adhésion des gens, c'est assez flagrant.
Ca fait des années qu'on voit venir les réformes de la recherche.
Fallait vraiment vivre dans une grotte pour être surpris de ce qui nous arrive. Les gens se mobilisent bien tard. Manifestent 3 fois, et pensent que c'est bon, ils ont dit ce qu'ils en pensent.

Au labo, il n'y a que 3 syndiqués, 3 personnes qui réfléchissent à des alternatives depuis plus longtemps que la mobilisation récente.
De façon amusante (ou pas), ce ne sont que des gens près de la retraite...
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herbertlecanard

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Ven 3 Avr - 23:21

Ca y est, j'ai franchi le cap, j'en suis !
Ca va chier !
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Audine

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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   Sam 4 Avr - 12:22

Tu verras, ça réchauffe le coeur, parfois, d'avoir toujours quelque part, des collègues qui ont les mêmes réactions que toi !!
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MessageSujet: Re: Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)   

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Comment la vie syndicale va radicalement changer (2e partie - sur 3)
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